14/04/2011
La Laïcité, une notion française à géométrie variable.
La laïcité a été au coeur de l'actualité française de ces dernières semaines. En accusation, le non-respect des règles du vivre-ensemble par les pratiquants les plus orthodoxes de l'Islam (voir ici et là). On peut s'interroger sur le besoin fondé d'un tel débat au sein de l'UMP, comme le fait avec justesse Natacha Polony. On peut s'accorder sur le fait qu'un tel ébat est utile, ne serait-ce que pour rappeler les principes du vivre-ensemble à la française. On peut donner le bénéfice du doute à un gouvernement et à un président de la République, qui sont communs des grands discours mais ne donnent pas de suites dans leurs actes. on pouvait s'imaginer que la leçon avait été retenue, que l'UMP aurait à coeur de se montrer irréprochable sur la question de la séparation des Eglises et de l'Etat et sur la primauté de "la loi des hommes" sur "la loi de Dieu". C'était visiblement trop espérer.
Dernièrement, le Président de la République a demandé aux directeurs de grandes écoles françaises de permettre aux étudiants juifs pratiquant de passer le concours d'entrée un autre jour que celui initialement prévu. La raison à cela: la pâque juive tombe en plein concours.
La déception est de rigueur, je vous l'accorde. Depuis quand justifie-t-on un favoritisme sous prétexte religieux? On me rétorquera que les fêtes chrétiennes sont des jours fériés en France, et qu'à ce titre on ne peut pas ne pas prendre en compte celles des autres confessions. Le fait est que ces fêtes n'ont de sens religieux que pour les chrétiens et que ce sens c'est sécularisé pour les autres. Aujourd'hui, le lundi de Pâques ou bien le jour de Noël sont devenues tout autant des fêtes chrétiennes que des fêtes païennes, sinon laïques. Le fait que le jour soit férié n'est plus motivé par un argument religieux mais bien par habitude (d'ailleurs, le gouvernement Raffarin ne se gênait pas pour supprimer la journée fériée de la Pentecôte au nom de la solidarité inter-générationnelle). Il y a manifestement différence de traitement et rupture du principe d'Egalité de traitement. Or, les concours d'entrée aux grandes écoles ne sont-ils pas une application même du principe de méritocratie républicaine?
Pourquoi une telle différence de considération? Il me semble simplement qu'il est aujourd'hui facile de taper sur l'Eglise catholique, d'autant qu'il y a longtemps qu'elle a acceptée le principe de laïcité en France ainsi que celui de liberté d'expression (ce qui vire parfois à l'excès, jugez-en par l'actualité avec le futur festival d'Avignon et son "Piss christ"). A l'inverse, critiquer l'Islam ou le Judaïsme en France est passible d'accusations à caractère racisto-islamophobe ou bien antisémite, c'est au choix.
Mais ceci est un autre débat. Dans le fond, on constate que les actes ne suivent pas les paroles, même avec création d'un débat interne au parti majoritaire. Sachons le garder à l'esprit.
10:46 Publié dans Culture, France, Religion, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



Commentaires
+1
Écrit par : Le Parisien Liberal | 14/04/2011
Répondre à ce commentaireA Dubaï, je ne me baladais pas avec de l'alcool, je ne roulais pas de pelle en public (ni en privé d'ailleurs :-(). Ce pays me convient pour des vacances mais pas pour y vivre à cause de mon style de vie ? Hé bien, je n'y vis pas. Du bon sens !
Écrit par : Ben | 15/04/2011
Répondre à ce commentaireLes associations juives viennent de répondre à la polémique provoquée par l'évènement cité: pas convainquant du tout!
http://www.20minutes.fr/article/706917/societe-paque-juivegrandes-ecoles-organisations-juives-denoncent-proces-laicite
Écrit par : Crapoto | 15/04/2011
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire